Près d’un radiateur, la chaleur ramollit la colle, dessèche le cuir et rétracte la doublure. Sur une desert boot, le premier dégât est celui qu’on voit le moins vite : la semelle en crêpe se détache de la tige.
Le point faible de cette chaussure se trouve sous le pied.
- La semelle en crêpe se décolle avant le cuir car sa structure poreuse ramollit à la chaleur
- Une nuit sur le radiateur suffit à fragiliser la colle thermofusible et faire bâiller la semelle
- Séchez vos desert boots à température ambiante avec des embauchoirs pendant 24 à 48 heures
Une semelle vivante, donc sensible à la chaleur
La semelle crêpe est fabriquée à partir de latex récolté sur l’hévéa. Sa structure poreuse, faite de milliers de micro-bulles, lui donne souplesse et amorti. Le vrai crêpe est aussi réactif à la température : il durcit quand il fait froid et s’assouplit quand il fait chaud. C’est ce matériau qui a fait la réputation du modèle, puisque la semelle en crêpe est un critère pour pouvoir parler de « desert boots ». Le modèle de Clarks, commercialisé pour la première fois en 1949, l’a rendu familier à tout le monde.
Cette semelle tient par la colle, et la colle a ses limites. Un radiateur, un sèche-chaussures trop puissant ou un rebord de fenêtre au soleil suffisent à ramollir les colles thermofusibles, et le joint cède au premier appui. Le crêpe, déjà malléable à la chaleur, n’arrange rien : une semelle attendrie qui travaille sur un collage fragilisé finit par bâiller.
Une nuit sur le radiateur suffit à faire ce travail.
Le cuir souffre aussi, mais après la semelle
Le daim et le nubuck des desert boots n’aiment pas la chaleur non plus. Déformation, flétrissement, porosité, auréoles ou traces blanches figurent parmi les dégâts possibles, et un cordonnier cite aussi le racornissement du cuir et la remise en humeur des colles. Le cuir mouillé est par ailleurs très malléable, donc facile à déformer pendant qu’il sèche.
Le radiateur a un autre défaut : il chauffe la chaussure de l’extérieur. Un cordonnier qui tient un blog explique que le sèche-cheveux, lui, agit par l’intérieur. Il le règle sur la première position et le tient à environ quarante centimètres de la chaussure, en revenant plusieurs fois sans insister. C’est un dépannage, pas une méthode de tous les jours.
Sécher une paire de desert boots sans la sacrifier
Commencez par retirer les lacets et les semelles intérieures, qui sèchent à part. Tamponnez ensuite l’intérieur puis l’extérieur avec un tissu absorbant. Glissez des embauchoirs, à poser dès que les semelles sont sorties, puis laissez la paire à température ambiante dans une pièce aérée pendant 24 heures. Le papier journal froissé est le réflexe le plus courant, à changer au bout de deux heures. Un cordonnier estime pourtant qu’il abîme la forme au cou-de-pied, ce qui plaide pour les embauchoirs quand on en a.
Le daim se brosse une fois la paire sèche. La brosse en crêpe utilisée pour entretenir le daim est faite de la même matière que la semelle.
Comptez 24 à 48 heures selon le degré d’humidité.
L’alternance des paires reste le meilleur allié. Alternez vos paires et laissez-les respirer entre deux ports. Pour le rangement, un endroit frais et sec, de préférence avec des embauchoirs, évite les déformations. Si un bord de semelle commence à se soulever, allez à la cordonnerie sans attendre. Un décollement d’un centimètre à la pointe peut devenir cinq centimètres trois semaines plus tard, avec de l’eau qui rentre à chaque pas.
Sources : mouvement-metropole.fr | shoplikeyougiveadamn.com