Oui, un pull en cachemire passe en machine, à condition de respecter quatre réglages : programme laine ou main, 30 °C maximum, essorage à 600 tours/minute ou moins, et une lessive sans enzymes. Le séchage se fait à plat, jamais en sèche-linge. Si le pull feutre, c’est presque toujours à cause d’un choc thermique ou d’un frottement excessif, pas de la machine elle-même.
- Le programme laine ou main, à 30 °C maximum, protège la fibre.
- Un essorage au-delà de 600 tours/minute déforme les mailles et les manches.
- Une lessive sans enzymes et un séchage à plat évitent le feutrage et les bosses.
Comprendre le feutrage avant de toucher au tambour
Le cachemire est une fibre animale, issue du duvet de chèvre. Ses écailles microscopiques s’accrochent entre elles dès qu’elles sont soumises à la chaleur, à l’humidité et à la friction réunies.
C’est le même phénomène que pour la laine, en plus fragile, car la fibre est plus fine que celle du mérinos. Un pull lavé à 40 °C avec un essorage musclé peut perdre une taille entière en un seul cycle. Le tricot se resserre, devient dense, et ne reviendra jamais à son état d’origine.
Le feutrage est irréversible.
Avant tout lavage, regardez l’étiquette d’entretien. Si elle indique un pictogramme de lavage à la main ou « nettoyage à sec uniquement », vous prenez un risque en machine, et c’est à vous de l’assumer. Un pull très structuré, doublé ou mélangé avec de la soie supporte mal l’eau en brassage. Pour un simple tricot en cachemire pur ou en mélange avec de la laine, le programme délicat bien réglé fait le travail sans difficulté.
Les réglages qui font la différence
Retournez le pull sur l’envers, fermez les boutons éventuels, puis glissez-le dans un filet de lavage à mailles fines ou une housse en tissu. Cette protection limite les frottements contre le hublot et les autres textiles. Lavez-le seul ou avec une ou deux pièces de même nature, jamais avec des jeans ou des serviettes dont la rugosité attaque la fibre.
Choisissez le programme laine ou main de votre machine. Ces cycles sont conçus avec un brassage lent et des pauses entre les rotations du tambour. Réglez l’eau à 30 °C au maximum, et si votre machine propose 20 °C ou « eau froide », prenez-la sans hésiter : le cachemire ne gagne rien à une eau plus chaude, la saleté d’un pull porté quelques heures partant très bien à froid.
L’essorage est le point que beaucoup négligent. Descendez à 400 ou 600 tours/minute, jamais au-delà, voire supprimez-le si votre machine le permet pour le remplacer par une pression manuelle dans une serviette. Un essorage à 1 200 tours tire sur les mailles et déforme les manches, parfois de plusieurs centimètres.
Quelle lessive choisir
Prenez une lessive liquide spéciale laine ou délicats, formulée sans enzymes. Les lessives classiques contiennent des protéases, enzymes qui digèrent les taches organiques, et la fibre de cachemire étant elle-même une protéine animale, elle s’abîme à force de lavages. Une lessive trop alcaline fait aussi perdre au tricot sa douceur, en le rendant rêche au toucher.
Dosez à la moitié de ce que recommande le fabricant pour une charge normale, un pull léger ne nécessitant pas la quantité prévue pour 5 kg de linge. Bannissez l’assouplissant du commerce, qui dépose un film gras sur les fibres et finit par les ternir. Un petit volume de shampoing doux ou de produit conçu pour la laine suffit si vous n’avez rien d’autre sous la main.
Sécher sans déformer
À la sortie du tambour, ne tordez surtout pas le pull. Posez-le sur une grande serviette de bain propre, roulez l’ensemble comme un biscuit roulé et appuyez doucement pour absorber l’excédent d’eau. Cette étape retire une bonne partie de l’humidité sans abîmer les mailles.
Étalez ensuite le pull à plat sur un second linge sec ou sur un étendoir en filet, en redonnant sa forme aux épaules, aux manches et à l’ourlet. Mesurez-le si vous avez un doute : un pull de 60 cm de large avant lavage doit retrouver cette dimension.
Le séchage prend entre 24 et 48 heures selon l’épaisseur du tricot et l’humidité de la pièce. Éloignez-le d’un radiateur, d’un poêle ou d’un rayon de soleil direct, qui jaunissent la fibre et la fragilisent. Le suspendre sur un cintre est une erreur classique : le poids de l’eau étire les épaules et laisse des bosses reconnaissables.
Le sèche-linge, même en mode délicat, reste à proscrire.
Une fois sec, passez un peigne à cachemire ou une pierre ponce à textile pour retirer les petites boulettes, sans tirer dessus. Un coup de vapeur à distance, sans poser le fer sur le tricot, redonne du gonflant. Pliez le pull au lieu de l’accrocher, avec un morceau de cèdre ou un sachet de lavande dans l’armoire pour tenir les mites à distance.
Quand laver, et à quelle fréquence
Le cachemire se lave beaucoup moins souvent qu’on ne le croit. Après chaque port, aérez-le quelques heures sur un cintre large ou à plat, la fibre ayant une bonne capacité à évacuer les odeurs. Un lavage tous les 5 à 8 ports suffit pour un pull porté sur une chemise ou un t-shirt, et plus rarement encore si vous le portez par-dessus une veste.
Pour une tache ponctuelle, tamponnez avec un coin de chiffon humide imbibé d’un peu de savon doux, sans frotter. Évitez de tremper le pull entier pour un petit accroc de sauce, ce qui multiplierait inutilement les cycles de lavage.
Dernier détail pratique : si votre machine n’a pas de programme laine certifié, remplissez plutôt le bac avec de l’eau froide et lavez à la main dans une bassine, pendant 5 minutes maximum, avant un rinçage à l’eau de même température.