Le cuivre, pas le chlore. Voilà le vrai responsable de ce fameux reflet verdâtre qui apparaît sur les cheveux clairs après une baignade, et la nuance change tout pour qui espère s’en protéger correctement. La plupart d’entre nous accusent le chlore de la piscine, mais bien que le chlore joue un rôle, ce n’est pas le principal coupable : l’élément responsable de la coloration verte des cheveux est le cuivre, dont la principale source est le sulfate de cuivre (CuSO₄), un composé ajouté aux piscines pour empêcher la prolifération des algues. Un détail chimique, mais qui explique pourquoi certains nageurs blonds ressortent de l’eau avec une teinte qui vire franchement au vert, quand d’autres n’ont jamais ce souci.
À retenir
- Le chlore n’est pas le vrai responsable des reflets verts — mais alors, qui est vraiment coupable ?
- Une infime quantité de cuivre suffit à transformer la chevelure blonde : découvrez pourquoi certains cheveux trinquent plus que d’autres
- Existe-t-il une vraie solution pour protéger ses cheveux sans renoncer à la piscine cet été ?
Le vrai coupable : un métal, pas un désinfectant
L’histoire qu’on raconte depuis des décennies au bord des bassins mérite d’être corrigée. Une étude a comparé le comportement de mèches de cheveux plongées dans différentes eaux : des cheveux immergés dans de l’eau chlorée mais sans ions de cuivre n’ont pas verdi, tandis que des cheveux exposés à une eau contenant uniquement des ions de cuivre, sans chlore, ont quand même pris une teinte verte. le chlore seul ne suffit pas à produire ce phénomène, même s’il n’est pas totalement innocent dans l’affaire. Quand le cheveu est oxydé par le chlore, ses protéines perdent des électrons, ce qui l’abîme et favorise justement l’absorption des ions de cuivre. Le chlore agit donc comme un facilitateur, un peu comme une porte qu’on laisse entrouverte pour un cambrioleur qui, de toute façon, aurait fini par trouver un autre moyen d’entrer.
La dose nécessaire pour provoquer ce désagrément esthétique reste dérisoire. Seule une petite quantité, environ 0,5 milligramme par litre, suffit à empêcher la prolifération des algues, ce qui signifie que même une piscine parfaitement entretenue et conforme aux normes peut colorer une chevelure blonde. Le souci ne vient pas forcément d’un bassin mal traité : le cuivre peut aussi pénétrer dans les piscines par la corrosion des canalisations, ce qui fait grimper les concentrations dans certains cas. Un immeuble ancien avec une tuyauterie vieillissante peut donc transformer n’importe quelle baignade en séance de coloration involontaire, sans qu’aucun produit d’entretien n’ait été mal dosé.
Pourquoi les cheveux clairs et décolorés trinquent plus que les autres
La structure du cheveu explique tout, ou presque. Les cuticules endommagées absorbent les ions cuivre comme une éponge, et c’est ce dépôt métallique qui donne le fameux reflet verdâtre : les cheveux ne « tournent » pas verts à proprement parler, ils se retrouvent recouverts d’un film de cuivre oxydé. Ce n’est donc jamais une transformation chimique interne de la fibre, mais un dépôt en surface, ce qui change complètement la façon d’y remédier. Plus les cheveux sont poreux, plus ils absorbent le cuivre, ce qui explique pourquoi les cheveux naturels foncés et en bonne santé sont rarement touchés, alors que les blonds décolorés ramassent tout au passage.
Une décoloration récente aggrave nettement le phénomène. Les écailles ouvertes par un balayage ou une coloration claire deviennent de véritables points d’entrée pour les ions métalliques, un peu comme une passoire qui laisse passer bien plus de particules qu’une surface lisse et fermée. C’est pourquoi certains hommes aux cheveux méchés ou décolorés remarquent ce reflet dès la première baignade estivale, alors qu’un ami aux cheveux bruns naturels peut enchaîner les longueurs en piscine municipale toute la saison sans jamais rien constater. La couleur naturelle protège, la fragilité capillaire trahit.
Limiter les dégâts sans renoncer à la piscine
Le réflexe le plus efficace se joue avant même d’entrer dans l’eau. Mouiller ses cheveux à l’eau claire avant la baignade sature la fibre et réduit sa capacité à absorber l’eau du bassin, chargée en cuivre et en chlore. Un bonnet en silicone, plus étanche qu’un modèle en tissu, complète cette protection en limitant le contact direct entre la chevelure et l’eau traitée. Pour les cheveux plus longs ou colorés, une huile protectrice appliquée en fine couche avant la baignade crée une barrière supplémentaire, un peu comme un vernis qui empêche l’eau de pénétrer trop vite dans la fibre.
Après la sortie du bassin, le rinçage immédiat compte davantage que n’importe quel produit miracle. Un shampoing clarifiant, utilisé une fois par semaine maximum pour ne pas assécher la fibre, élimine efficacement les dépôts métalliques accumulés. Pour les propriétaires de piscine qui utilisent le cuivre volontairement comme algicide, un séquestrant de métaux devient une assurance quasi indispensable : ces produits se lient aux métaux dissous et les maintiennent en suspension dans l’eau plutôt que de les laisser se déposer sur les surfaces, sans pour autant retirer le cuivre de la piscine. Ce principe vaut aussi pour la fibre capillaire : mieux vaut empêcher le dépôt que courir après une fois qu’il s’est installé.
Un dernier point mérite d’être connu avant de blâmer systématiquement le gérant du bassin : la marge entre un dosage réglementaire et un seuil irritant reste étroite, puisqu’on passe d’un usage algicide efficace à un effet irritant simplement en doublant la concentration, et la mention de danger environnemental associée au sulfate de cuivre n’a rien de décoratif. Les exploitants de piscines publiques surveillent donc ce dosage de près, mais dans un bassin privé mal contrôlé ou une copropriété aux canalisations anciennes, personne ne teste systématiquement le taux de cuivre avant chaque saison. Le vrai luxe pour les cheveux clairs cet été, ce n’est pas d’éviter la piscine, c’est simplement de rincer ses cheveux avant et après, sans exception.
Source : planetezerodechet.fr