Ce gondolement sur le devant de la veste, Ce n’est pas la laine qui a bougé toute seule. C’est l’entoilage intérieur, celui qui donne sa forme au buste, qui a fini par se décoller sous l’effet cumulé de la chaleur et des solvants du nettoyage à sec répété. Ce type d’entoilage thermocollé, très répandu sur les costumes d’entrée et de milieu de gamme, risque de voir sa doublure se décoller sous l’effet de la chaleur, provoquant des bulles irréversibles sur la surface du tissu. Une fois ce renfort décollé, aucun coup de fer ne remet les choses en place.
Les coutures elles-mêmes finissent par se déliter avec l’usure du fil.
- L’entoilage thermocollé se décolle après des passages répétés au pressing, créant des bulles irréversibles sur le devant de la veste
- Le perchloréthylène utilisé au pressing élimine la lanoline naturelle, rendant la laine terne, rêche et cassante
- Un costume en laine de qualité ne nécessite que deux à quatre nettoyages professionnels par an, complétés par un brossage régulier
Ce que le nettoyage à sec fait vraiment à une veste en laine
Le procédé utilisé par la quasi-totalité des pressings repose sur des solvants dérivés du pétrole, au premier rang desquels le perchloréthylène. Chaque passage au nettoyage à sec décape une partie de la lanoline, cette graisse naturelle qui protège la fibre de laine. Un costume soumis à ce traitement tous les mois devient rapidement terne, rêche au toucher et cassant, perdant son confort d’origine. Les couleurs, elles aussi, s’estompent plus vite à chaque exposition chimique répétée.
La presse chauffante utilisée pour aplatir le tissu après le nettoyage ajoute son propre lot de dégâts. Un repassage à haute température répété finit par créer un lustre sur le tissu, surtout sur les costumes sombres, un brillant qui constitue une usure irréversible des fibres.
Les costumes premiers prix, à l’entoilage thermocollé plutôt que cousu à la main, sont les plus exposés à ce risque de décollement.
Le gondolage du devant : le signe d’un entoilage qui a lâché
La poitrine d’une veste concentre justement le renfort le plus épais, celui censé tenir le drapé sans un pli disgracieux. C’est aussi la zone la plus manipulée à chaque passage au pressing, posée sous la presse chauffante qui aplatit le tissu en quelques secondes. Répétée dix, vingt, trente fois par an, cette pression finit par affaiblir la colle qui maintient l’entoilage en place. Le tissu extérieur, lui, continue de bouger normalement, ce qui crée ce décalage visible en surface : le gondolement.
Un entoilage décollé ne se répare pas avec un simple coup de fer, contrairement à un pli classique. Il faut soit remplacer la toile intérieure chez un tailleur, une opération coûteuse et rarement rentable sur un costume de prêt-à-porter, soit vivre avec la déformation. À titre de comparaison, un costume en laine de qualité n’a besoin que d’un repos raisonnable entre deux sorties. Vingt-quatre à quarante-huit heures suffisent pour que ses fibres se détendent et retrouvent leur forme initiale.
La bonne fréquence, et les gestes qui remplacent le pressing
Les chiffres avancés par les professionnels du secteur convergent tous vers la même fourchette. La plupart des costumes n’ont besoin d’un nettoyage professionnel que deux à quatre fois par an, et non après chaque port ; seuls les porteurs quotidiens justifient un passage toutes les quatre à six semaines.
Un brossage régulier, sérieusement effectué et complété par l’usage d’un linge humide pour défroisser, suffit à garder un costume propre et en bon état entre deux passages professionnels.
Quand le nettoyage devient réellement nécessaire, tous les pressings ne se valent pas pour autant. Certains proposent désormais un procédé à base d’eau baptisé Aquaclean, nettement plus respectueux des matières naturelles que le perchloréthylène traditionnel. Le reste du temps, la façon de ranger la veste compte presque autant que la fréquence du pressing. Un cintre trop fin déforme les épaules et affaisse le tissu, alors qu’un cintre large associé à une housse respirante évite l’accumulation d’humidité et de poussière.
Sources : italiansuits.ch | cafecostume.com | kmconcept.fr