Poser des gants en cuir trempés sur le radiateur est la pire idée possible. Les gantiers recommandent l’inverse : ne jamais les poser sur une source de chaleur, et les laisser à plat à température ambiante.
Sur un chauffage, le cuir se craquelle et durcit.
- La chaleur directe d’un radiateur déshydrate le cuir mouillé et provoque des craquelures irréversibles
- Un séchage lent à température ambiante sur une serviette, doigts écartés, prend 24 à 36 heures
- Le massage régulier des gants pendant le séchage et après avec un baume redonne la souplesse au cuir
Ce que la chaleur fait réellement au cuir
Le cuir est une peau tannée, pas un tissu. Quand on le chauffe alors qu’il est gorgé d’eau, il se décolore, se déshydrate et durcit, avec à la clé des fissures et un rétrécissement. Un gant qui rétrécit d’une demi-taille ne se rattrape pas.
Le radiateur n’est pas seul en cause. Un séchage trop rapide durcit les fibres presque aussi sûrement qu’un excès de chaleur directe, ce qui explique pourquoi les gants sortent de la nuit raides comme du carton alors qu’ils semblaient simplement tièdes. Le sèche-linge, le sèche-cheveux réglé fort et l’exposition prolongée au soleil direct produisent le même résultat, et il faut aussi les tenir à l’écart de la climatisation.
Sèche-linge, sèche-cheveux, plein soleil : même verdict pour tous.
Le protocole du gantier, étape par étape
Première étape, on enlève l’eau sans brutalité. Un chiffon propre et sec absorbe un maximum d’humidité, en tamponnant, jamais en tordant. Pour le lavage, les fabricants de gants moto précisent d’ailleurs de ne pas frotter, froisser ni essorer.
Ensuite, on pose les gants sur une serviette propre, dans une pièce ventilée. On leur redonne leur forme naturelle, doigts légèrement écartés plutôt que collés. Il faut aussi résister à la tentation de les pendre par un doigt : le poids du cuir mouillé étire ce doigt et déforme durablement la coupe. Prévoyez 24 à 36 heures pour un séchage complet, donc une nuit ne suffit pas et il vaut mieux avoir une deuxième paire pour le lendemain.
À mi-séchage, quand le cuir n’est plus détrempé, on enfile les gants. Un gantier conseille de les remettre régulièrement pour les assouplir, et le massage sur la main les étire et aide à conserver leur forme.
Si les gants ont une doublure en laine ou en soie, on l’essore délicatement à part quand elle est amovible. Une doublure humide contre un cuir qui sèche ralentit tout le processus et garde l’humidité à l’intérieur. C’est la raison pour laquelle des gants doublés restent parfois froids et moites bien après que l’extérieur semble sec.
Rattraper des gants déjà raidis
Une fois le cuir complètement sec, on le masse à la main.
Le gantier cité plus haut recommande de le prendre en main pour lui rendre sa douceur initiale. Un baume ou une crème nourrissante s’applique seulement à ce stade, jamais sur un cuir encore humide, et il faut lire les instructions du produit avant de l’utiliser. Pour réchauffer un cuir rétif, porter les gants une trentaine de minutes dans une poche, contre la peau, suffit généralement à les rendre plus souples sans risque pour la matière.
Le rangement compte autant que le séchage. Un endroit frais, sec, à l’abri du soleil, avec les gants sur des supports ou formes, ou à plat sans les plier. Gardez aussi un œil sur les teintes : un gant de couleur ne se superpose pas à un gant noir, sous peine de transfert de couleur.
Dernière nuance, et elle vaut avant tout geste : regardez l’étiquette d’entretien. Beaucoup de gants sont lavables à la main, d’autres non, et sauf traitement spécifique, le cuir n’aime pas l’eau. Pour un modèle fin ou de cérémonie, l’eau de pluie d’un trajet ne pose pas de problème tant que le séchage reste lent, alors que le radiateur laisse des dégâts visibles dès le premier essai.
Sources : boutiquedemode.com | bmw-motorrad.fr