Rester assis sur sa serviette alors que tout le monde plonge, remettre son maillot trempé plutôt que d’affronter le regard des autres en se relevant : ce réflexe touche beaucoup plus d’hommes qu’on ne le pense. Un sondage récent révèle que 67% des femmes et 39% des hommes se sentent mal à l’aise en maillot de bain. Presque quatre hommes sur dix. Le chiffre casse l’idée reçue selon laquelle ce genre de gêne serait réservé aux femmes.
À retenir
- Pourquoi les hommes cachent-ils leurs complexes en maillot de bain mieux que les femmes ?
- Le vrai coupable n’est pas votre corps, mais le maillot mal choisi
- Comment progressivement reprendre confiance sans attendre une transformation physique
Un malaise plus répandu qu’on ne l’avoue
Le corps masculin n’échappe pas à la pression visuelle de l’été, il l’a simplement moins exprimée jusqu’ici. Une étude citée par Slate montre que seulement 26% des hommes interrogés affirment être satisfaits de leur apparence. Un quart. Le reste compose, encaisse, ou évite carrément de se montrer.
Ce qui alimente ce malaise diffère nettement de ce qu’on observe chez les femmes. Selon une enquête sur le rapport des Français à leur corps sur la plage, chez les hommes, c’est avant tout dans la perspective de séduire une potentielle partenaire que se nourrissent les complexes, puis dans la comparaison avec leurs amis, et le fait de se mettre en maillot de bain. Le maillot n’est donc pas la cause première du complexe, il en devient le révélateur, le moment où tout ce qu’on a pu penser de son corps pendant l’année remonte d’un coup.
Autre donnée qui mérite d’être connue : les hommes sont par ailleurs plus nombreux que les femmes à avoir subi des remarques sur leur physique de la part de leur entourage, et sur les réseaux sociaux ou dans l’espace public. Une blague potache d’un cousin sur une plage, un commentaire d’un ami « t’as pris un peu de bide non ? », et l’été bascule. Ces phrases, dites sans méchanceté la plupart du temps, s’incrustent bien plus longtemps que leurs auteurs ne l’imaginent.
La coupe change tout, le corps n’a pas besoin de changer
Voilà ce que je répète depuis des années à mes clients qui redoutent la piscine municipale ou la plage entre amis : le problème vient rarement du corps, mais presque toujours du maillot mal choisi. Un short trop long qui écrase la silhouette, un boxer trop ajusté qui marque chaque détail, une taille élastique trop haute qui coupe le ventre en deux, et n’importe qui se sent piégé dans son propre vêtement.
La morphologie compte, tout simplement parce qu’une coupe structurée fonctionne mieux qu’une coupe standard. Un short de bain structure les silhouettes en O ou en A, marque la taille tout en atténuant les rondeurs, tandis que le boxer de bain valorise la musculature et l’allure, plutôt réservé aux physiques affirmés. Trois profils reviennent souvent en cabine d’essayage :
- Morphologie en V, épaules larges et taille fine : quasiment tout lui va, l’enjeu est de ne pas alourdir le bas avec un short trop volumineux.
- Morphologie en O, ventre plus présent : un short mi-cuisse à taille marquée structure et rassure immédiatement.
- Morphologie en A, bassin plus large que le haut : les couleurs sombres sur le bas et un motif plus visible en haut équilibrent la silhouette.
Les matières techniques ont aussi changé la donne ces dernières années. Le polyester, ultra-léger, sèche en un instant et résiste au chlore comme à l’eau salée, tandis que l’élasthanne garantit l’extensibilité et épouse la forme sans jamais gêner, avec des fibres qui protègent aussi des UV. Un maillot qui ne colle pas à la peau après la baignade, qui ne devient pas transparent une fois mouillé, qui sèche pendant qu’on marche jusqu’au bar de la plage : ce sont des détails, mais ce sont eux qui évitent de rester scotché sur sa serviette une heure de plus par pudeur.
Se relever devant les autres, une question d’entraînement plus que de courage
L’idée qu’il faille attendre d’être « prêt physiquement » pour se sentir bien en maillot est un piège. La confiance se construit par petites doses, pas par transformation radicale. Une approche testée par des psychologues consiste à multiplier les expositions progressives plutôt que d’attendre le grand jour : essayer son maillot à la maison, le porter sous une robe ou un tee-shirt pendant une heure, sortir avec un paréo dans un parc, ces micro-expositions permettent de réduire l’anxiété progressivement. Rien n’empêche un homme de faire la même chose : dix minutes dans le jardin, puis une sortie au bord d’un plan d’eau, avant la vraie journée de plage entre amis.
Le choix du modèle joue aussi un rôle psychologique concret, presque plus qu’esthétique. Le meilleur maillot de bain est celui dans lequel on se sent soi-même, pas nécessairement celui qui correspond aux canons du moment. Un maillot trop tendance mais inconfortable produira toujours plus d’anxiété qu’un modèle simple et bien coupé, porté avec aisance.
Un dernier point que peu de conseils abordent : la première fois qu’on se relève devant les autres n’est jamais la plus dure objectivement, elle est juste la plus anticipée. La deuxième fois est presque toujours plus simple, parce que rien de terrible ne s’est produit la première fois. Le corps ne change pas d’un été à l’autre. L’aisance avec laquelle on l’habite, elle, peut évoluer en quelques semaines, sans régime ni transformation, juste avec le bon maillot et un peu de répétition.
Sources : lescarnetssante.fr | angelstudio.fr